God’s not dead (or is he ?)...

    Peut-être as-tu reçu un texto te disant « Dieu n’est pas mort » ces dernières semaines et tu n’as pas trop compris ce qui arrivait à l’ami qui te l’avait envoyé. Était-il en pleine crise mystique ? Ou tombé sur un reportage bizarre parlant de Nietzsche sur Arte ? Ne t’inquiète pas, j’ai la réponse à ta question : il est allé voir God’s not dead au cinéma ! En effet, grande première en France, le 20 septembre dernier sortait (3 ans et demi après les États-Unis) le film God’s not dead. Produit par la société de production Pureflix (le film pur – parce que le reste du cinéma est sale apparement), ce blockbuster évangélique a été distribué dans quelques cinémas en France. Oublie Nietzche tout de suite, c’est Willie Robertson (un des frangins de Duck Dynasty, les magnats rednecks des appeaux pour canards) qui demande à la fin du film d’envoyer le texto « Dieu n’est pas mort » ! Grand écart ? Oui, absolument… Comment en sommes-nous arrivés là ? (le moment où il va falloir que je résume le film en moins de 200 000 caractères…) Josh est un jeune chrétien avec un tshirt des Newboys qui arrive à la Fac. Il a déjà planifié toute sa vie avec sa copine (ils sont ensemble depuis qu’ils sont en âge d’aller au groupe de jeunes et ont donc eu le temps de réfléchir à tout ça). Bien qu’il veuille faire du droit, il s’inscrit à un cours de philo. Or le professeur, M. Radisson, est super athée, donc super méchant (et très blasé) (et vous aurez bien sûr reconnu Kevin Sorbo aka Hercule). Dès son premier cours, il oblige tous ses étudiants à rendre une copie avec la phrase « Dieu est mort », et c’est...

Les ABCD doivent mourir

Le 26 août 2014, Najat Vallaud-Belkacem arrivait au poste de ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Sa nomination a été comprise comme une provocation par certains et les réseaux sociaux se sont déchaînés. Pourquoi ? Pour cela, revenons un peu en arrière, sur la question des ABCD de l’égalité. Lancés à titre expérimental à la rentrée 2013 dans 275 établissements, ils étaient destinés à lutter contre les stéréotypes filles-garçons à l’école. Tout avait plutôt bien commencé. Mais petit à petit, dans une atmosphère où les troupes ont été bien échauffées par La Manif pour Tous, ces ABCD se sont retrouvés dans le collimateur de pas mal de monde, notamment de Farida Belghoul, à l’origine de la fameuse «Journée de retrait de l’école». À coup de menaces : « les ABCD de l’égalité sont une tentative des lobbys gays pour ruiner la famille traditionnelle en imposant la théorie des genres. » À coups de folles rumeurs aussi : « les ABCD de l’égalité inciteraient les garçons à porter des jupes, on enseignera la masturbation en maternelle », et j’en passe. Un rapport d’évaluation atteste que le dispositif est un succès, mais l’appellation «ABCD de l’égalité» a du plomb dans l’aile. Le gouvernement recule un peu, mais n’abandonne pas l’idée d’un plan de lutte contre les stéréotypes. C’est en tout cas ce que Najat Vallaud-Belkacem réaffirmait le 20 juin : «L’école ne se construit pas avec des rumeurs. L’apprentissage de l’égalité filles-garçons est dans ses missions fondamentales». Maintenant, c’est elle la ministre de l’Éducation Nationale, et ça ne plaît pas à tout le monde. Au point que Jean-Pierre Denis, le directeur de rédaction de La Vie, s’est fendu d’un éditorial au titre accrocheur de « Faut-il avoir peur de Najat Vallaud-Belkacem ?» où il a été obligé de rappeler que «quand on en vient à s’en prendre à une personne et non plus à ses idées, c’est le signe d’une préoccupante dégradation de l’esprit public. Quand ces critiques viennent de milieux chrétiens, cela doit alerter, alarmer et attrister doublement» Pourquoi alors tant de foin pour un projet qui ne vise qu’à lutter contre les stéréotypes (parce que c’est bien de cela qu’il s’agit) et qui semble fonctionner ? Et comment en est-on venu à voir Farida Berghoul se féliciter de la «victoire de la convergence islamo-catholique» ? Car pour défendre ses dogmes, tout le monde arrive à s’entendre, apparemment. Que ce soit chez les musulmans, les catholiques ou les évangéliques, certains s’arc-boutent sur leurs positions au nom du Prophète, du Coran, du Dogme et de la Tradition ou encore de la Bible. Et surtout, surtout, on dit bien haut et bien fort qu’on est contre le gouvernement et on cède à toutes les paranoïas et à toutes les théories sur le complot LGBT, leur objectif étant la destruction de la famille (donc du monde). Beaucoup de bêtises sont dites.  Plus on a de choses sensationnalistes à poster sur les réseaux sociaux, mieux c’est. Alors que si on avait vraiment regardé le contenu des livres recommandés, on aurait pu se rendre compte que quelques petites merveilles s’y cachaient. Notamment Les joues roses de Malika Ferdjoukh (coeur <3) ! Au fond, même sans toutes ces campagnes médiatiques douteuses, et en y réfléchissant un peu, on se rend compte que même une simple lutte contre les stéréotypes filles-garçons est inacceptable dans tous les milieux religieux fondamentalistes qui restent proches d’une vision patriarcale véhiculée par leurs traditions. C’est beaucoup plus facile de taper sur la «théorie des genres» plutôt que de refuser de remettre en question ses stéréotypes sexistes. On pourrait développer une infinité d’exemples mais je vais me limiter à trois d’entre eux, car ce sont ces trois-là qui se présentent à mon esprit alors que j’écris cet article (c’est un peu arbitraire mais ce sont ceux qui m’ont le plus marquée récemment). Ils concernent le milieu évangélique, celui que je côtoie le plus...

Nadia Bolz-Weber, des saints et des pécheurs...

Je n’aime pas les articles trop longs. Vous savez, on se dit « Ah, ça a l’air intéressant, mais c’est un peu long »… Et puis au final, on ne lit jamais le fameux article. Donc là j’ai fait un article court, parce que c’est important que vous découvriez Nadia Bolz-Weber en quelques mots et autrement que par le “portrait d’une pasteur punk” (??) des Inrocks. Ensuite vous pourrez faire vos recherches par vous-mêmes (et me dire ce que vous en pensez…). Un jour, j’étais comme vous. J’avais vu son nom apparaître à l’une ou l’autre occasion, puis je suis tombée sur un article de blog qui disait « Si vous voulez faire la connaissance de Nadia, regardez cette vidéo » (oui, je vous fais une mise en abîme sans supplément de prix aucun).   Quand on voit cette grande nana avec son débardeur et ses tatouages, on se dit «Ouhla, elle est pasteur ?» — pardon : «Ouhla, elle est pasteur dans l’église luthérienne ?» (si vous ne connaissez pas les Luthériens, sachez que c’est une dénomination chrétienne qui descend en droite ligne de Martin Luther. Protestants since 1517, ça pèse son poids en tradition). Donc récapitulons, Nadia Bolz-Weber est pasteur dans l’église luthérienne américaine — l’ELCA. Elle a plein de tatouages et elle dit des gros mots. Ah, et puis elle est fan de Doctor Who. On pourrait presque en déduire que c’est une extra- terrestre. Mais ce n’est pas une extra-terrestre. On se dit qu’elle n’a rien à faire là, puis on ne se rend compte qu’elle a tout à faire là. Ça avait plutôt mal commencé pour Nadia. Élevée dans une église très fondamentaliste où les femmes n’avaient aucune place, elle s’est vite rebellée. Elle part très tôt de la...

JoLepel : une présentation...

Dès mon plus jeune âge, je me suis passionnée pour l’observation des milieux ecclésiaux. Vers cinq ans, on m’a surpris en train de reconstituer des scènes du «groupe de jeunes» avec mes lapins de Pâques… Également hyper fan des Belles Histoires de Pomme d’Api, j’ai découvert un peu plus tard que je pouvais lire toute seule, et que les gros livres, c’était encore mieux que les Belles Histoires. Je regardais Goldorak avec ma maman car il me faisait très peur, mais je n’ai eu besoin de personne pour m’enthousiasmer devant les aventures de Candy. De très nombreuses années plus tard, je me retrouve ici, comme rédactrice de The Laddr. Et je n’ai pas beaucoup changé. J’ai du mal à m’endormir le soir, car je refais le monde (et l’Eglise) avant de trouver le sommeil. Je passe des heures à lire dans mon bain. Et je regarde une impressionnante liste de séries chaque semaine (mais jamais des choses qui font trop peur, le traumatisme Goldorak rôde encore…). À côté de cela, je vais travailler tous les jours dans une entreprise où je fais des logos et du découpage et où je rigole beaucoup avec mes collègues fantastiques. Je fais aussi de la radio, crée des cocktails, je me passionne pour les choux et les éclairs, j’essaie d’être la tata la plus cool du monde, je pars en vacances dans les Cévennes avec mes amis et fomente au moins une dizaine d’autres projets par minute. Le tout sans jamais quitter Facebook des yeux. Je vous entretiendrai donc surtout sur mes lectures, sur ce que je regarde à la télé et sur ma perception de l’Eglise et de la culture chrétienne. Bref je viens apporter mon petit barreau à la grande échelle. Photo de couverture :...