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RomainPeter : une présentation

Je ne serai pas le premier à me demander comment me présenter: que dire en plus de son nom ? Ma taille, mon âge, mon CV ? Que je fais des études de philosophie, peut-être ? Cela véhicule toutes sortes d’idées reçues, auxquelles pour certaines, j’espère sincèrement ne pas correspondre (notamment celle du doux rêveur sans aucun pragmatisme, ou encore de celui qui s’imagine à tort être un génie …) – en me décrivant, il faudrait donc que j’arrive à communiquer l’idée que c’est d’abord une vocation, plutôt que de simples études. Je m’imagine, à ma modeste échelle, comme une sorte de Socrate – pas vraiment son disciple, plutôt quelqu’un qui se sent appelé à la manière dont lui-même pensait, questionnait tout et n’importe quoi. Au risque de n’être pas vraiment en phase avec ceux qui m’entourent, au risque de préférer la rigueur à la coolitude.

D’une certaine manière, c’est à nouveau dans l’air du temps: Socrate passait bien son temps à basher ces hipsters qu’étaient les maîtres de rhétorique, toujours occupés à en mettre plein la vue aux autres, et assez peu à examiner ce qui fait la valeur d’une vie, d’une bonne action, d’une belle chose … Comme Socrate, donc, j’espère être toujours curieux, souvent indigné, lorsque c’est nécessaire. Une sorte de détective qui trouve que tout dans la vie, et pas seulement le crime, mérite de faire l’objet de soupçon et d’enquête.

Mais là, est-ce que je ne viens pas de dire qui je pense être, et pas qui je suis réellement ? Comment arriver à être un peu plus objectif ? Après tout, Socrate disait bien d’un côté qu’il cherchait à se connaître lui-même, mais de l’autre, il affirmait: “je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien“. Est-ce que je ne serais pas volontairement en train de brouiller les pistes ? Et je sens bien qu’il va falloir faire un peu court, ne pas abuser de la patience du lecteur. J’ai donc eu l’idée de me soumettre aux outils standardisés qu’utilisent psychologues et psychiatres pour “diagnostiquer” la personnalité comme on le ferait d’un symptôme.
J’ai donc commencé par m’auto-administrer le MMPI-2 (Minnesota Multiphasic Personality Inventory): cinq-cent soixante-sept questions qui brassent large, de la plus banale peur du noir à “vrai ou faux: parfois, un esprit du mal prend possession de moi”. Et aussi étrange que paraissent certaines entrées, le résultat me colle assez bien. On y apprendra donc que je suis enclin à l’introversion sociale (60%), et que je suis davantage susceptible d’être dépressif que d’être psychopathe. Ma masculinité transparaît à 60% dans mes réponses, alors que ma féminité psychique, elle, reste mystérieusement “indéfinie”. Le point culminant du profil étant une aversion sociale prononcée (86% !).

Un tableau assez peu rassurant, mais comme j’ai été assez malin pour répondre avec franchise (sans “résistance”, comme on dit), je touche le jackpot en terme de lucidité: mon score atteste d’une absence remarquable de penchant pour le déni et pour la déformation de l’image personnelle. Finalement, on rejoint de nouveau Socrate: ce que je sais ou suis n’est pas glorieux, mais au moins, j’en ai conscience.

Résultat des courses: on obtient un parfait cliché romantique: comme le Manfred de Byron, un petit panier garni de soif d’érudition et de jérémiades existentielles. Mais comme j’espère n’être pas si cliché, j’ai couplé ça avec un questionnaire de Proust, qui vous permettra d’entrevoir ce que j’espère apporter à The Laddr : de la philo bien sûr, une bonne dose de psychanalyse, et l’envie d’aborder des questions qui fâchent ou qui restent trop souvent dans l’ombre – sans jargon, sans prétention, et avec humour.

  1. Le principal trait de mon caractère ?
    Le besoin extrême de progresser en toutes choses ou presque.
  2. La qualité que je préfère chez un homme ?
    L’esprit de finesse, je dirais.
  3. La qualité que je préfère chez une femme ?
    Une sensibilité éduquée, exigeante.
  4. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?
    D’être sûr d’avoir toujours assez de doigts pour les compter ? 😉
    Sérieusement: la qualité des conversations qu’ils permettent.
  5. Mon principal défaut ?
    La rapidité de jugement.
  6. Mon occupation préférée ?
    Lire, lire, lire, lire.
  7. Mon rêve de bonheur ?
    Une maison isolée dans le grand nord, pas une âme à la ronde hormis mon âme-soeur, et tout le temps pour réfléchir, se promener, lire, et nourrir les nombreux animaux que j’y aurais.
  8. Quel serait mon plus grand malheur ?
    D’être obligé de rester tel que je suis pour le reste de ma vie, avec interdiction de m’améliorer.
  9. Ce que je voudrais être ?
    En toute franchise: un hibou.
  10. Le pays où je désirerais vivre ?
    La Finlande, la Suède, n’importe quel pays qu tutoie le cercle polaire, hormis la Russie …
  11. La couleur que je préfère ?
    Le bleu, même si ça sonne très conservateur.
  12. La fleur que j’aime ?
    L’orchidée: elle fleurit quand elle veut, parfois pas du tout, sans jamais se plier au diktat des saisons ni se laisser influencer par les autres fleurs.
  13. L’oiseau que je préfère ?
    Le hibou, donc.
  14. Mes auteurs favoris en prose ?
    Louis-Ferdinand Céline plus que tout. Après, Nietzsche, Chateaubriand, Casanova, Mauriac, Louÿs, Poe, Lovecraft  et Conan Doyle.
  15. Mes poètes préférés ?
    Blake, Byron, Hugo.
  16. Mes héros favoris dans la fiction ?
    Sherlock Holmes, Hannibal Lecter (est-ce un héros ?)
  17. Mes héroïnes favorites dans la fiction ?
    Anna Karénine ? Sinon, Diotime, dans le Banquet de Platon me paraît un bon choix; l’Aphrodite de Louÿs, pour sa valeur symbolique …
  18. Mes compositeurs préférés ?
    Beethoven, Bach, Wagner.
  19. Mes peintres favoris ?
    Bacon, Goya. En termes d’artistes contemporains: Jake & Dinos Chapman, Anselm Kieffer, David Lynch.
  20. Mes héros dans la vie réelle ?
    Historiquement ? Platon, César, Nietzsche, Freud. Aujourd’hui, je dirais: Paul-Laurent Assoun, Slavoj Zizek.
  21. Mes héroïnes dans l’histoire ?
    Un peu difficile, celle-là – l’histoire universelle a mis du temps à valoriser des exemples féminins. Je préfère y mettre des auteurs, du coup: Sappho, Selma Lagerlöf, Lou Andréas-Salomé.
  22. Mes noms favoris ?
    Les noms d’oiseaux.
  23. Ce que je déteste par dessus-tout ?
    Le manque de tact et l’impolitesse.
  24. Personnages historiques que je méprise le plus ?
    Je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. Comme Nietzsche, je préfère voir l’histoire comme un tonifiant, pas comme une boîte à médicaments.
  25. Le fait militaire que j’estime le plus ?
    La guerre des Gaules – et en plus, c’est un chef d’oeuvre littéraire. Full package.
  26. La réforme que j’estime le plus ?
    Mon top: 1. La réforme protestante 2. Vatican II 3. Le Traité de la réforme de l’entendement, de Spinoza.
  27. Le don de la nature que je voudrais avoir ?
    Un instinct plus prononcé, j’imagine.
  28. Comment j’aimerais mourir ?
    Peu importe la façon – comme dit, mieux vaut se soucier de bien vivre que de vivre longtemps.
  29. État d’esprit actuel ?
    Heureux – quand je pense à quoi auraient ressemblé mes réponses il y a cinq ans, ça me prouve que du chemin a été parcouru.
  30. Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ?
    Les fautes de goût: leur comique les excuse souvent.
  31. Ma devise ?
    Un aphorisme de Nietzsche, écrit lorsqu’il était déjà plus ou moins en train de sucrer les fraises – mais est-ce une devise ? En tout cas ça l’est pour moi:
    “Les maladies du soleil, je les ressens, moi, fils de la terre, comme mes propres éclipses, et comme le déluge qui submerge mon âme.”

 

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