Q&A avec Marteau Boy

Il y a quelques mois, j’ai fait la découverte d’un étrange bonhomme appelé Marteau Boy avec l’excellent morceau Celestar. J’ai assez vite accroché sur l’énergie et la qualité du morceau. Certains d’entre vous l’ont déjà découvert sur le Summertime Mix avec “La Passion”. Pour tous les autres, voilà un petit entretien pour vous familiariser avec ce cher Marteau Boy. On découvre que non seulement il a du talent, mais qu’en plus, il est cool. Vous n’en sortirez probablement pas indemne.

Salut Marteau Boy ! Qui es-tu ? D’où tu viens ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

Je m’appelle Emmanuel SZCZYGIEL, 24 ans, je viens de Strasbourg, graphiste le jour, sociable la nuit.

Depuis quand tu t’es lancé dans la musique ? 

En fait après un long sommeil je me suis reveillé à 16 ans, une guitare est arrivé dans mes mains puis le farfisa (synthé) de mon père vers 17 ans. Au lycée j’ai commencé à enregistrer des chansons pourries avec un micro pourri. Au même moment j’ai découvert les logiciels de sampling. Et après de multiples petits projets entres amis, j’ai eu mon premier vrai groupe vers 21 ans en tant que chanteur-guitariste, Labo Photo Ping Pong, une grande aventure humaine, une tournée en France, quelques dates phares dans l’Est de la France. Et maintenant je compose et enregistre sous le nom de Marteau Boy.

D’où t’es venu l’idée du projet Marteau Boy ?

Marteau Boy existe à vrai dire depuis maintenant 3 ans, parallèlement à LPPP. Je faisais ça pour le plaisir et j’ai remarqué que je recevais très souvent des avis très positifs sur ces morceaux, ça m’a motivé alors j’ai foncé. Je me suis découvert un amour pour les sons électroniques en bidouillant des logiciels.

Lorsqu’on écoute les différents morceaux que tu as distillés sur le net, c’est très diversifié. Certains morceaux font penser à certains machins phares de l’électro française (genre Mr Oizo ou Justice), parfois on entend Danger, du néo-funk, et ton dernier morceau, La Passion, est clairement chillwave. Est-ce que c’est un éclectisme que tu revendiques totalement ?

Non non je ne revendique pas cet éclectisme, c’est même plutôt un mot qui me fait peur. Ce qui varie n’est pas le style mais plutôt l’énergie je dirais. L’axe principal reste une sorte d’electro-pop faite à la maison qui peut devenir trash ou même très calme. C’est très calqué sur les humeurs qu’un être humain peut avoir. Et puis quoi de plus chiant d’avoir un album à écouter avec 12 pistes qui jouent sur le même feeling. Pour moi la richesse d’une personne qui «crée» vient de sa capacité à pouvoir se diversifier sans perdre son identité et j’estime que la mienne (d’identité) se situe dans le choix des sons. Il y a une récurrence.

Question conne : pourquoi Marteau Boy ? Tu t’es tapé un trip sur The Weavers ?

(rires) Non, En fait pendant mes études de graphisme, je voulais lancer un label musical nommé Marteau dévoué aux productions lo-fi. Finalement ça ne s’est pas concrétisé mais j’ai gardé le mot Marteau qui représentait bien l’aspect Do It Yourself du projet. C’est de l’artisanat numérique, pour faire simple.

Comment nait un morceau de Marteau Boy ? D’un concept, d’une idée, ou tu fais simplement joujou avec ton matos ?

Bizzarement les morceaux viennent la plupart du temps après avoir trouvé le bon titre ou un bon concept. Je crois que les mots m’inspirent des ambiances naturelles pour ça. Comme par exemple «Patrouille de France», «Romantico-Pervers» ou même «La Passion». Et avec ces mots je construis le décor.

A ce propos, tu bosses sur quoi comme matos ?

Je bosse sur Fruity Loops 10 essentiellement, une Telecaster et un micro-chant.

 Tu diffuses l’essentiel de ta musique sur le net, via différentes plateformes (BandCamp, YouTube, SoundCloud, etc.). Est-ce que tu considères BandCamp et le streaming gratuit comme stratégie délibérément Do It Yourself pour diffuser ta musique, ou est-ce que c’est surtout faute de signer sur un label ?

J’essaye de diffuser ma musique de la façon la plus efficace et logique possible. Je n’ai pas (encore) de label donc comment puis-je faire pour la rendre accessible? C’est simple je choisis les plateformes adaptées qui me rendra un maximum présent. Faute de ne pas être encore sur scène, Marteau Boy doit exister pour l’instant sur la toile. (Ceci est un appel à tous les blogs !)

Sinon, tu écoutes quoi en ce moment ? Un conseil en particulier ?

Les compilations du label digital BEKO sont fantastiques, elles sont en téléchargement gratuit et regorge de trouvailles intéressantes. Sinon j’attend l’album de La Femme, groupe que je suis depuis leurs débuts.

Qu’est-ce que tu nous prépares pour l’avenir ?

Un LP qui aura pour but de déclencher un orgasme immédiat à toutes les personnes qui écouteront. Il sera à gagner à la rentrée normalement avec un gros concours que je suis en train de monter. Sinon je prépare plusieurs collaborations avec des artistes que j’aime dont notamment un EP 5 titres avec Faded Window, un featuring avec See You Colette et des dj sets homériques avec mon ami Ouragan.

Un dernier mot ? 

Maillot jaune.

Maintenant, tais-toi et écoute :
Marteau Boy sur BandCamp
Marteau Boy sur SoundCloud
Si tu vas encore sur MySpace
Et après, tu peux même aller le liker sur Facebook pour lui laisser des mots d’amour.