Petite histoire du web social

Je suis sûr que beaucoup des lecteurs de The Laddr sont sur Facebook, Twitter, ou utilisent un service de web social. Au pire, vous avez sans doute au moins réalisé une de ces actions : traîner sur un forum, laisser un commentaire sur un blog (vous en avez même peut-être un ?), envoyer un email, discuter en ligne sur GTalk ou MSN

Si vous faites ces choses-là, vous utilisez des fonctions sociales qu’offrent internet et le web.

Cet article se veut être une modeste tentative de raconter l’histoire du web social, pour imaginer un peu ensemble son éventuelle direction. Alors montez dans le TARDIS, et voyageons à travers le temps et le cyberespace pour un petit horizon historique.

Les débuts du web

1995. Toy Story et Jumanji sont à l’affiche au cinéma, Friends passe à la télé, Coolio chante Gangster Paradise tandis que la droite revient à la tête de l’état en France après 14 ans. C’est cette année là qu’apparaît l’un des premiers services de réseau social, appelé Classmates. Ce service permet de se reconnecter avec des camarades de classe perdus, sur le même modèle que notre Copains d’avant.

Bien sûr, le web dispose d’outils sociaux qui ne sont pas en soi des réseaux sociaux. Bien avant l’existence du web (qui date de 1991), des ordinateurs étaient mis en réseaux pour forger les premières communautés virtuelles (comme par exemple The WELL). Des outils sociaux existaient déjà via le chat, l’email, les jeux en réseaux, ou les forums en ligne.

Pour les nostalgiques, en France, à l’époque, beaucoup allaient sur Caramail, où on avait droit à des fonctions de forums, de chat IRC, de mail, des profils, et tout un tas de trucs. C’était aussi la grande époque du site perso, fournis par des organismes comme Multimania ou iFrance, qui permettaient d’avoir un espace à soi sur le web. Mais ces sites étaient souvent un peu compliqués à mettre en place, demandaient des connaissances en codage HTML et en informatique.

Les blogs, et l’apparition progressive des réseaux sociaux virtuels

On est au début des années 2000. Bush est président des Etats-Unis, la France est championne d’Europe de foot, et on ne peut plus tacler le gardien à FIFA2000 sur Playstation. A cette époque là, le weblog (abrégé en blog), commence à faire son apparition. D’abord utilisé par les scientifiques et les universitaires, pour publier leurs recherches au jour le jour, l’outil du blog se démocratise et devient de plus en plus disponibles. Un blog, c’est facile d’accès, clé en main, et pas besoin d’être un pro en codage informatique pour en monter un. En 2003, Google rachète la plate-forme confidentielle Blogger pour le transformer en quelque chose d’énorme. En France, c’est Skyrock qui gagne la mise, avec sa plateforme skyblog (même si c’est aujourd’hui labélisé « collégiennes qui postent un GIF de dauphins »).

En parallèle, aux Etats-Unis apparaît Friendster en 2002. C’est le premier site qui créé un véritable petit phénomène social d’ampleur, qui relie des gens entre eux. Il est possible d’y créer des réseaux et de se faire des amis. Mais Friendster est avant tout un site de rencontres. On y va pour trouver de nouveaux amis, une meuf, ou se lier à des réseaux. Le site a encore aujourd’hui 65 millions de membres, surtout en Asie. En 2003 vient MySpace. Au départ très branché sur la musique, le site deviendra peu à peu une véritable plateforme sociale où se côtoient artistes et particuliers. En 2005, MySpace était le 4è site mondial en terme de fréquentation. Plus encore que Friendster, MySpace permet d’avoir un espace à soi sur le net, où il est possible de partager ses centres d’intérêts, sa musique, et de rencontrer d’autres personnes.

Facebook, et l’explosion du social

En janvier 2004, le jeune Mark Zuckerberg, 19 ans créé TheFacebook dans sa petite chambre d’Harvard. D’abord réservé à l’université de Harvard, puis à toute l’Ivy League, et à une centaine d’universités peu avant l’été 2004, le site arrive en Europe fin 2004 et se développe rapidement dans le monde entier. Aujourd’hui, Facebook, c’est plus de 500 millions de membres dans le monde, dont plus de 20 millions en France.

Facebook introduit une petite révolution dans le monde du réseau social : l’exclusivité. C’était normal d’avoir 5843 amis MySpace. Sur Facebook, ce sera plus rare. Sur Facebook, le plus souvent, on est amis avec les gens qu’on connaît. Nos amis, notre famille, les gens qu’on a rencontré à une soirée. Facebook renforce l’idée d’espace personnel contrôlé. Tu mets des gens dedans, et dehors. Tu choisis ce que tu postes. Tu choisis quelle photo tu mettras en profil parce que c’est ton meilleur profil.

A partir de là, c’est un peu une révolution.

Facebook a fait exploser les fonctionnalités sociales du web. A partir de là, tout le monde s’est mis à faire du social, comprenant que c’était le nouveau dada du web. Allociné a sa connectivité sociale, Google a essayé de lancer différents trucs sociaux (Google Wave et Google Buzz, qui n’ont pas trop marchés, mais ils réagiront), YouTube, Dailymotion, tout le monde se lance dans le social, le Like, les commentaires, etc. La plateforme Facebook Connect, qui permet aux membres de Facebook de transférer certaines informations sur un site tiers afin de les envoyer vers leur mur Facebook, ou encore les Social Plugins, qui ont permis aux boutons Likes d’apparaître sur tout un tas de sites (y compris celui-ci), ont largement favorisé cette diffusion du social sur le web dans son ensemble.

Le microblogging et la géolocalisation

Fondé en 2007, Twitter représente l’une des progressions les plus fulgurantes du web. En 2009, Twitter a progressé d’environ 700%. En 140 caractères, il y est possible d’y écrire ce que tu as envie, de poster un lien, ou une photo, d’exprimer ce que tu as envie d’exprimer, communiquer avec des gens sous différents supports. C’est un peu comme un blog, mais en 140 caractères. C’est du microblogging. Actuellement, Twitter continue sa progression, et cherche à être rentable économiquement. Dans le sillage de Twitter, tout un tas de sites rêvent de se lancer dans ce type d’aventure et rêve de réinventer l’idée du blog. Tumblr et Posterous, Identi.ca, Plurk, tous rêvent de renouveler le blogging avec des contenus plus fluides, plus légers, et plus sociaux…

En parallèle se développe aussi tout un pan du web social lié au Smartphones. Path ou Instagr.am permettent aux possesseurs d’iPhones de partager des instants précis avec leurs amis avec une photo. Foursquare, Gowalla, Loopt ou encore Facebook Places utilisent la technologie GPS des Smartphones pour permettre aux personnes de partager leur localisation avec leurs amis, avec à la clé le gain de certains badges. Ces services, une fois liés entre eux, peuvent avoir à moyen terme un effet majeur sur ses utilisateurs. Ils peuvent potentiellement transformer la manière dont on conçoit la vie privée ou la personne humaine. D’un point de vue bien plus concret, ils peuvent favoriser le commerce local (publier un check-in dans le magasin bio en bas de chez vous et recevoir une réduction sur les crèmes à 8€, par exemple), et transformer l’industrie du tourisme (les recommandations d’un ami via Foursquare pouvant avoir au moins autant de poids dans le choix d’un bar qu’un guide Michelin).

A terme, le web social pourrait être bien plus qu’un simple outil pour faire sa promo, ou simplement pour partager du contenu et de l’information. Ils pourraient avoir un impact réel dans le quotidien de nos vies. Facebook et Twitter sont déjà utilisés par les réseaux politiques pour organiser des révolutions. A terme, on pourra payer via Facebook Credits en caisse, avec notre téléphone, comme on paye en ligne via PayPal, balançant les cartes de crédit à la périphérie. Les réseaux sociaux pourraient changer l’industrie des télécommunications en investissant nos téléphones, transformer la recherche sur le web, prédire les tendances économiques, et devenir à terme le centre du web et un outil essentiel de la vie quotidienne.

Ceci dit, nous avons tous nos histoires avec le web. Quels sont vos souvenirs à vous ? Vous avez “chatté” sur Caramail ou sur un quelconque service du style ? Vous aviez un site perso ? Depuis quand êtes-vous sur Facebook ? Vous utilisez Twitter ? Que pensez-vous des services de géolocalisation ? Qu’est-ce que le web social a changé pour vous ? Votre avis m’intéresse !