Chronique : The Pains of Being Pure At Heart – Belong

Certains ont reprochés à ma première chronique d’être un peu glauque. Alors cette semaine, on part avec Belong, de The Pains of Being Pure at Heart. Ce sera un peu plus réjouissant, promis !

Qui est-ce ?

 

Comme beaucoup de gens, j’ai découvert The Pains of Being Pure at Heart avec le clip d’Everything with you, en 2008. C’était frais, sympathique, mais vite oublié. Quelques mois plus tard, on m’envoie un mp3 issu de leur premier album éponyme, appelé Come Saturday. La mélodie était pop et simplette, et les guitares assez punk.

Aujourd’hui, 2026 écoutes plus tard (d’après LastFM), The Pains of Being Pure at Heart est devenu l’un de mes groupes de chevet. Ne prenez pas peur à cause de leur nom qui ferait un malheur au Scrabble, on a devant nous l’un des machins pop les plus enthousiasmants de ces derniers temps. Originaires de Brooklyn, à New York, les 4 (enfin, 5, maintenant, depuis que Christoph le tour-guitarist a été pleinement été intégré au groupe) compères ressuscitent l’âge de gloire de l’indie pop. Pour sûr, ils n’inventent rien. Leur premier album sonnait comme un disque oublié de 1990. Mais on peut leur coller tous les reproches du monde au dos (trop innocents, trop amateurs, pas assez originaux, pas assez avant-gardistes, trop ceci, pas assez cela…), il faut avouer que leur formule est imparable. Des mélodies simples et efficaces, des guitares un brin crasseuses à tendance shoegaze, une voix innocente en retrait, et par dessus tout, des chansons joyeuses, tout en étant à la fois mélancoliques, reflétant d’une nostalgie assez forte. En clair, assez vite, je suis devenu totalement accro à ce disque, qui était un peu la quintessence de ce que j’attendais depuis très longtemps.

Après deux singles géniaux sortis à l’automne 2009 (Higher than the stars) et à l’été 2010 (Say no to love, qui dispose de l’une des b-sides les plus géniales de l’histoire, Lost Saint), voilà les Pains de retour pour leur second album, appelé Belong.

Belong

La première fois que j’ai entendu le premier single qui serait issu de l’album, Heart in your heartbreak, je ne savais pas trop quoi penser. Le son était beaucoup plus produit, le synthé beaucoup plus fort, et les guitares beaucoup plus massives. Et pour cause, le tout était produit par Flood et Alan Moulder, deux gros bonhommes qui ont forgé le son des années 90 en produisant les Smashing Pumpkins, U2, PJ Harvey, Depeche Mode, Nick Cave, Nine Inch Nails, My Bloody Valentine, Ride, Jesus and Mary Chains, et tout un tas de trucs. Et pas des petits trucs… Il en aurait fallu de peu pour que je crache par terre en traitant les Pains de vendus. Manque de bol, après quelques écoutes, il fallait avouer que le titre était définitivement génial.

C’est un peu la même impression qui se dégage de l’album Belong dans son ensemble. Au départ, quand on est farouchement habitué au son de leur premier disque, c’est assez déroutant. En fait, c’est bien simple. C’est un peu comme si vos meilleurs amis (parce que c’est un peu ce genre de rapport qu’on a avec les Pains, dans le fond, ce sont un peu vos potes qui vous ressemblent) sortaient un premier disque, un peu amateur, ultra-référencé et rafraichissant. Puis, vos meilleurs amis se retrouvent salués par la critique, et ils se reçoivent beaucoup plus de moyens pour leur deuxième album. Alors ils prennent les moyens, le gros son et les producteurs de génie, sans pour autant perdre leur simplicité, leur fraicheur et les mélodies imparables. Et ils y arrivent. Dans le fond, The Pains of Being Pure at Heart n’est pas un groupe shoegaze, un groupe lo-fi, ou quoi que ce soit. C’est avant tout de l’indie pop, et de l’indie pop à son meilleur.

Alors, si vous aviez entre 12 et 25 ans en 1993 (ou même si vous étiez à peine né(e)), ou si vous aimez les mélodies accrocheuses, la pop, si vous avez un faible pour les choses innocentes qui vous redonnent l’envie de porter une veste en jeans sous un arbre, ou d’avoir 16 ans, ou d’être amoureux(se), ou de subir une peine de cœur, ou simplement d’écouter l’un de mes disques favoris de ce début d’année, il suffit de vous précipiter sur ce disque, et même de découvrir la discographie complète des Pains.

Mes morceaux favoris à écouter d’urgence : Strange, Even in dreams, Belong, Heart in your heartbreak
Et si vous aimez les Cure, écoutez aussi d’urgence My Terrible Friend.

Pour écouter ça sur Spotify, c’est par ici.
Et sur Deezer, c’est par là.