Chronique : These New Puritans

Aujourd’hui, on a décidé d’inaugurer une nouvelle rubrique culturelle : champagne !

On a beaucoup de disques qu’on aime, dans la vie. Certains nous ont marqués, et on les a oubliés. On en a détestés d’autres, dont on ne peut pourtant plus se passer depuis le jour où on a réalisé qu’ils ont changé notre vie. Alors, à partir d’aujourd’hui, dans la nouvelle rubrique du jour, je vais chroniquer des disques. Pour la simple raison que je les aime. Tout simplement.

Ca ne correspond pas forcément à l’actualité musicale. Je ne cherche pas à vous sortir la dernière sensation médiatique ou le prochain truc hype… simplement quelque chose qui tourne en boucle chez moi en ce moment.

L’album du jour, c’est Hidden de These New Puritans.

Qui est-ce ?

These New Puritans, c’est un groupe de l’Est de l’Angleterre, formé autour des frères jumeaux Barnett, George et Jack… Mais surtout Jack, en fait. Formés en 2006, ils ont fait deux albums, Beat Pyramid et Hidden, dont il sera question ici. Je les ai découvert en 2008 avec leur single Elvis. Un morceau post-punk très énergique, très hype, en son temps, sympathique, mais assez vite oublié.

Hidden

Je les avais un peu oubliés, jusqu’à ce que je les vois réapparaître sur l’excellent blog ZZ Flop (malheureusement défunt – vous pouvez toujours aller jeter un œil par ici). Sur le coup, j’ai pas trop compris. L’album s’ouvre sur des cuivres, avec un cor et un instrument non identifié (s’il y a des musiciens dans le coin ?). Pas vraiment le genre de trucs auxquels vous vous attendez au premier abord.

A dire vrai, on ne sait pas trop face à quel objet on a à faire. Il y a des cuivres, des beats, des samples, des percussions, des chœurs flippants, des tas de bruits qui sortent de nul part, et je vous mets au défi de trouver quelque chose qui ressemble à ce disque. Pendant tout l’album, il est quasiment impossible de distinguer des guitares, et les batteries prédominent largement. C’est très complexe, il y a énormément d’idées, et c’est dur de savoir où se mettre face à tout ça.

Et pourtant, c’est peut-être complexe, mais ce n’est pas non plus compliqué. Les mélodies, une fois dépouillées de leur attirail très riche, qui peut sembler grotesque au premier abord, se révèlent être en fait plutôt légères et faciles à écouter. A mon avis, Jack Barnett s’est dit « Je vais faire un album de pop indé qui ne ressemble absolument à rien pour déstabiliser la presse. Je vais y mettre toutes les idées les plus débilement géniales que j’ai pu avoir dans ma tête au fil de ma vie, et on verra bien ce que ça donne. »

Et au final, ça fonctionne très bien. Après avoir brisé la glace de l’hermétisme et du vaste sentiment de prétention qui se dégage de l’album (autant de cuivres, bon sang !), on trouve un disque majeur dont on se rappellera probablement pour très longtemps. C’est le genre d’album d’où vous pouvez encore découvrir des choses après 10 écoutes tellement il y a de choses à entendre et à apprivoiser.

En fait, Hidden, c’est un disque qui reflète très bien son époque. Des mélodies qui aspirent à la légèreté, mais dans un emballage très complexe. De temps à autre, on sent un sursaut d’innocence, comme une volonté de s’échapper d’un gros bourbier chaotique forgé par l’alliance de cette masse de cuivres, assez grave, et des percussions et beats un brin agressifs, qui peuvent provoquer un certain vertige auditif.

Hidden, en somme, c’est un album unique en son genre, qui se bonifie avec le temps, comme le bon vin. Je le redécouvre ces jours-ci après l’avoir lâché pour presque une année entière, et il correspond bien avec l’ambiance fin du monde qui règne ces derniers temps. Et bien au-delà, je pense que c’est une bande son géniale pour les 30 années à venir.

Pour écouter le disque sur Spotify, c’est par ici.
Pour l’écouter sur Deezer, c’est par là.

Mes morceaux choisis : Hologram, 5, We Want War, Attack Music, Drum Courts – Where Corals Lie