Jkling : une présentation...

Au suivant ! Parler de soi est un exercice qui ne me plaît pas particulièrement. J’éprouve la même appréhension que partagent le grand penseur devant ses confessions, ses mémoires et le collégien s’attaquant à l’exercice pour son cours d’allemand. Pas par timidité, ni par pudeur mais pour plusieurs raisons. Premièrement, dire qui je suis, c’est figer ma personnalité, mes convictions, mes humeurs alors qu’elles sont en perpétuel mouvement, du moins le plus souvent. Celui que je suis aujourd’hui n’est pas la même personne que celui que j’étais hier. J’aime autant me poser calmement dans un coin que de danser comme un détraqué sur un morceaux bien violent. Il m’arrive parfois d’être paresseux à l’extrême et à l’inverse de faire preuve d’initiative pour faire bouger les choses. Je peux être très réfléchi et complètement stupide quelques minutes plus tard. Je suis un être humain, un peu comme les autres, capable du pire et du meilleur aussi. Ensuite, en quoi mon background, mon CV peuvent-ils crédibiliser ce que je peux dire ou écrire ? Allez-vous changer votre regard sur mes propos en sachant qui je suis, ou penser savoir qui je suis ? Je ne pense pas aussi bien manier la plume que la plupart de ceux qui pourraient lire ces lignes. Je ne suis pas non plus pas un grand penseur, un dealer d’arguments d’autorité. Je n’ai pas suivi de formation en anthropologie, en philosophie ni en théologie qui me donnerait une boite à outils fournie pour aborder la majorité des sujets traités sur ce blog. Je ne suis que moi, mais avec ma curiosité, ma soif de réfléchir au sens de chaque chose que je fais ou de celles qui m’entourent. Avoir toujours cette envie de poser la question universelle d’un enfant : ”Pourquoi...

Wob Sinc : une présentation...

En tant que membre de l’espèce humaine, je me suis toujours intéressé à son histoire, à ses représentations du monde, aux façons dont elle s’organise et organise ce qui l’entoure. Depuis peu, je m’intéresse aussi à son avenir proche. Que ce soit grâce à des professeurs, des amitiés, des livres, des heures à surfer sur le Net ou des voyages à l’étranger, j’ai eu la chance de pouvoir étudier un peu d’histoire, d’économie et de littérature, avant de passer à la philosophie, que je travaille plus à fond. Avec des incursions courtes mais intenses en théologie chrétienne. Parmi mes pôles d’investigation préférés, on trouve : * L’histoire des religions, depuis les cosmogonies de la Mésopotamie et de l’Iran ancien, à l’histoire du Judaïsme et du Christianisme occidental, en passant par le Cambodge hindou et bouddhiste * La philosophie et la théologie contemporaines ; autour d’énigmes aussi classiques que la conscience, l’absolu ou le réel – sur des courants comme la phénoménologie et ses avatars postmodernes, notamment religieux, sur les rationalismes et réalismes qui s’en démarquent * La « politique spéculative », zone poreuse entre littératures de fiction et projets politiques réels traitant de l’avenir collectif, en lien – par exemple – avec les questions d’énergie et de ressources, des forces et des limites des technosciences, des nouvelles religions et mutation des anciennes, de l’évolution des manières de vivre et des formes de vie (ce qui m’amène, ces derniers temps, à me pencher sur les courants du posthumanisme, du transhumanisme, et des écologies radicales) Autrement, j’aime beaucoup les sciences de la nature et de l’univers, l’art contemporain, la musique électro (dont chiptune & glitch-hop), l’exploration urbaine, les dunes de sable et les jeux vidéo (en particulier les jeux de rôle cérébraux, adultes, immersifs, portés par...

Une enquête sur le leadership – Le leader au naturel [2/5]...

Dans l’article précédent, j’avais commencé à esquisser les traits caractéristiques du leadership – le fait qu’il ait été importé du monde du management d’entreprise, qu’il se fonde sur un optimisme qu’il espère contagieux, et qu’il constitue LA tendance majeure dans la vie d’église contemporaine. Le leadership, donc, c’est le “it” accessoire de toute église qui a le vent en poupe. D’accord. Mais sur quoi est-ce que cela repose ? On l’a dit, les techniques de management d’entreprise sont en quelque sorte son origine généalogique – mais quels sont les principes fondamentaux qui permettent aux leaders de s’affirmer en tant que tels ? Quelles sont les justifications, les fondations de ce mode de pensée ? Parce qu’en général, lorsqu’une nouvelle “grille de lecture” des relations humaines apparaît – et le leadership est exactement une grille de lecture – elle ne peut se faire une place, être adoptée, promue, et finalement, être à la mode, que si elle se fonde sur des principes solides. Ou d’apparence solide. Or, là encore, le leadership, compris comme recherche de puissance et d’influence sur les autres, comme capacité à diriger et à communiquer des impulsions, a toujours été rapproché du monde animal: nous connaissons tous le stéréotype du “mâle alpha”, peut-être même sans trop savoir quels animaux fonctionnent selon cette logique de l’alpha. Même plus: les magazines de psychologie se sont tellement emparés de cette idée pour la transférer à l’homme que désormais, il y a fort à parier que lorsque l’on vous dit “mâle alpha”, c’est d’abord à un homme que vous pensez, et plus à un animal. Joli renversement de situation – mais pour clarifier tout ça, ce qu’il nous faut faire, c’est revenir à la source, aller questionner nos amies les bêtes, pour savoir comment ça marche...

Le Royaume de Carrère...

Il y a de ça quelques semaines, ma mère m’a prêté le livre Le Royaume d’Emmanuel Carrère. Ne suivant que de très très loin l’actualité littéraire, je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était cet ouvrage. Ma mère a insisté, au vu de la thématique : cet écrivain, qui a vécu une période chrétienne il y a de ça plusieurs années, replonge dans le texte biblique pour enquêter sur les débuts du christianisme. En tant que « théologien en construction », il fallait bien que je me plonge dans ce livre qui est visiblement l’un des gros succès de la rentrée. Bon, alors, allons droit au but : est-ce que j’ai apprécié cet ouvrage ? Autant l’admettre d’emblée : rentrer dans le livre a été une véritable épreuve. Non pas à cause d’une langue trop compliquée, mais à cause du propos de l’auteur, et de son évidente complaisance. La première partie du livre, où Carrère nous raconte sa foi d’autrefois et comment il l’a perdue, est relativement indigeste. C’est le règne du « je » et du « moi », où l’auteur se complait à déverser ses états d’âmes et ses petites anecdotes d’écrivain bourgeois parisien. De temps en temps, on se plaît à reconnaître des problématiques amusantes, assez typiques des nouveaux convertis. Mais l’auteur semble ne jamais vraiment prendre son sujet au sérieux, et sombre souvent dans la condescendance par rapport à son passé. Une fois de plus, cela renforce la mégalomanie de Carrère, comme si son intellect prétendu brillant lui rendait impossible de comprendre ses démarches passées. On est également interrogé par le contenu de la foi de ce jeune Carrère, qui paraît vraisemblablement plutôt dogmatique, fondée sur l’adhésion aveugle à des vérités et la mise en pratique de petits rituels et de règles morales, plutôt que sur une...

Une enquête sur le leadership – Introduction [1/5]...

Depuis quelques années maintenant, le chrétien lambda, le “fidèle”, voit s’installer bon gré mal gré, au sein de son église qu’il connaît si bien et au rythme de vie tranquille, une curieuse tendance qui, une fois n’est pas coutume, nous tombe du Ciel après transit outre-Atlantique: cette houle écumant de bonnes intentions et d’hyper-activité savamment calculée se nomme leadership. Désormais, une église qui n’a pas de leader pour toutes sortes de tâches se trouve remballée au même rang qu’une voiture neuve sans direction assistée: leader de louange, leader-prédicateur, leader-jeunes, leader de leaders, cette accélération à tout prix de la performance ecclésiale ne cesse d’élever sa cadence au carré, sans qu’on sache bien si, comme s’en réclament ses adeptes fraîchement convertis au pieux management, the sky is the limit – voire même, osera-t-on, si le Ciel est vraiment ce qu’on vise … D’une façon générale, le socle du leadership chrétien, son credo, c’est un optimisme absolument indiscutable: la montée du leadership est un progrès, en lequel on peut avoir foi, mais qui, c’est tout le ressort de la nouveauté, n’est pas toujours reconnu – d’où la spiritualité d’un combat contre les traditions, contre l’état de choses. Le point commun de tous les sites de leaders, de leadership, d’inspirateurs de leaders, de formateurs de leaders, c’est cette certitude que le leadership est l’avenir de l’église. A ce stade, déjà, notre chrétien lambda fronce un peu le sourcil, il suspecte – il aimerait bien qu’on lui explique à quel titre cette pensée appliquée, dérivée un peu sous le manteau des plus douteuses techniques de management, pourrait bien se différencier de toutes les autres grandes fois dans le progrès. Depuis les Lumières jusqu’à la révolution russe, on a en effet bien vu qu’elles possèdent un double fond pas...

RomainPeter : une présentation...

Je ne serai pas le premier à me demander comment me présenter: que dire en plus de son nom ? Ma taille, mon âge, mon CV ? Que je fais des études de philosophie, peut-être ? Cela véhicule toutes sortes d’idées reçues, auxquelles pour certaines, j’espère sincèrement ne pas correspondre (notamment celle du doux rêveur sans aucun pragmatisme, ou encore de celui qui s’imagine à tort être un génie …) – en me décrivant, il faudrait donc que j’arrive à communiquer l’idée que c’est d’abord une vocation, plutôt que de simples études. Je m’imagine, à ma modeste échelle, comme une sorte de Socrate – pas vraiment son disciple, plutôt quelqu’un qui se sent appelé à la manière dont lui-même pensait, questionnait tout et n’importe quoi. Au risque de n’être pas vraiment en phase avec ceux qui m’entourent, au risque de préférer la rigueur à la coolitude. D’une certaine manière, c’est à nouveau dans l’air du temps: Socrate passait bien son temps à basher ces hipsters qu’étaient les maîtres de rhétorique, toujours occupés à en mettre plein la vue aux autres, et assez peu à examiner ce qui fait la valeur d’une vie, d’une bonne action, d’une belle chose … Comme Socrate, donc, j’espère être toujours curieux, souvent indigné, lorsque c’est nécessaire. Une sorte de détective qui trouve que tout dans la vie, et pas seulement le crime, mérite de faire l’objet de soupçon et d’enquête. Mais là, est-ce que je ne viens pas de dire qui je pense être, et pas qui je suis réellement ? Comment arriver à être un peu plus objectif ? Après tout, Socrate disait bien d’un côté qu’il cherchait à se connaître lui-même, mais de l’autre, il affirmait: “je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien“. Est-ce...

Les ABCD doivent mourir

Le 26 août 2014, Najat Vallaud-Belkacem arrivait au poste de ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Sa nomination a été comprise comme une provocation par certains et les réseaux sociaux se sont déchaînés. Pourquoi ? Pour cela, revenons un peu en arrière, sur la question des ABCD de l’égalité. Lancés à titre expérimental à la rentrée 2013 dans 275 établissements, ils étaient destinés à lutter contre les stéréotypes filles-garçons à l’école. Tout avait plutôt bien commencé. Mais petit à petit, dans une atmosphère où les troupes ont été bien échauffées par La Manif pour Tous, ces ABCD se sont retrouvés dans le collimateur de pas mal de monde, notamment de Farida Belghoul, à l’origine de la fameuse «Journée de retrait de l’école». À coup de menaces : « les ABCD de l’égalité sont une tentative des lobbys gays pour ruiner la famille traditionnelle en imposant la théorie des genres. » À coups de folles rumeurs aussi : « les ABCD de l’égalité inciteraient les garçons à porter des jupes, on enseignera la masturbation en maternelle », et j’en passe. Un rapport d’évaluation atteste que le dispositif est un succès, mais l’appellation «ABCD de l’égalité» a du plomb dans l’aile. Le gouvernement recule un peu, mais n’abandonne pas l’idée d’un plan de lutte contre les stéréotypes. C’est en tout cas ce que Najat Vallaud-Belkacem réaffirmait le 20 juin : «L’école ne se construit pas avec des rumeurs. L’apprentissage de l’égalité filles-garçons est dans ses missions fondamentales». Maintenant, c’est elle la ministre de l’Éducation Nationale, et ça ne plaît pas à tout le monde. Au point que Jean-Pierre Denis, le directeur de rédaction de La Vie, s’est fendu d’un éditorial au titre accrocheur de « Faut-il avoir peur de Najat Vallaud-Belkacem ?» où il a été obligé de rappeler que «quand on en vient à s’en prendre à une personne et non plus à ses idées, c’est le signe d’une préoccupante dégradation de l’esprit public. Quand ces critiques viennent de milieux chrétiens, cela doit alerter, alarmer et attrister doublement» Pourquoi alors tant de foin pour un projet qui ne vise qu’à lutter contre les stéréotypes (parce que c’est bien de cela qu’il s’agit) et qui semble fonctionner ? Et comment en est-on venu à voir Farida Berghoul se féliciter de la «victoire de la convergence islamo-catholique» ? Car pour défendre ses dogmes, tout le monde arrive à s’entendre, apparemment. Que ce soit chez les musulmans, les catholiques ou les évangéliques, certains s’arc-boutent sur leurs positions au nom du Prophète, du Coran, du Dogme et de la Tradition ou encore de la Bible. Et surtout, surtout, on dit bien haut et bien fort qu’on est contre le gouvernement et on cède à toutes les paranoïas et à toutes les théories sur le complot LGBT, leur objectif étant la destruction de la famille (donc du monde). Beaucoup de bêtises sont dites.  Plus on a de choses sensationnalistes à poster sur les réseaux sociaux, mieux c’est. Alors que si on avait vraiment regardé le contenu des livres recommandés, on aurait pu se rendre compte que quelques petites merveilles s’y cachaient. Notamment Les joues roses de Malika Ferdjoukh (coeur <3) ! Au fond, même sans toutes ces campagnes médiatiques douteuses, et en y réfléchissant un peu, on se rend compte que même une simple lutte contre les stéréotypes filles-garçons est inacceptable dans tous les milieux religieux fondamentalistes qui restent proches d’une vision patriarcale véhiculée par leurs traditions. C’est beaucoup plus facile de taper sur la «théorie des genres» plutôt que de refuser de remettre en question ses stéréotypes sexistes. On pourrait développer une infinité d’exemples mais je vais me limiter à trois d’entre eux, car ce sont ces trois-là qui se présentent à mon esprit alors que j’écris cet article (c’est un peu arbitraire mais ce sont ceux qui m’ont le plus marquée récemment). Ils concernent le milieu évangélique, celui que je côtoie le plus...

Explorations numériques // 01 : Casey Reas, work in processing Nov13

Explorations numériques // 01 : Casey Reas, work in processing...

À la question : «qu’est ce que l’art numérique ?» (1), Wolf Lieser, directeur de la galerie Digital Art Museum à Berlin, répondait : «l’art numérique est devenu avec le temps une notion qui englobe toutes sortes de manifestations artistiques ayant recours à un ordinateur pour produire de l’art». Cet article est le premier d’une série, où je souhaiterais explorer le champ de l’art numérique, partager mes découvertes, redites, mix et remix de connaissances technologiques créatives. // Le MIT (Massachussets Institute of Technology) nous a apporté beaucoup de choses. Pas forcement que des bonnes choses, si l’on en croit les détracteurs du Military Institute of Technology, mais bon nombre de créations sorties de cet antre de la technologie nous sont, avouons-le, bien utiles. Parmi ces êtres particulièrement créatifs qui oeuvrent au MIT, nous trouvons John Maeda. Artiste et graphiste qui, par force de travail et de réflexions, s’est dit un jour qu’il serait bon que les créatifs et les informaticiens se rejoignent, que le code trop austère d’un côté et les jolies images de l’autre pourraient peut-être se retrouver autour d’un pôle commun, une sorte de nouvelle approche qui serait de l’ordre du code créatif, Designed by numbers.(2) Un environnement de programmation informatique dont le résultat le plus probant sera un logiciel open source : Processing. L’exemple parfait de la création numérique alliant le code et l’image accessible aux personnes non-familière à la programmation, ce logiciel ayant la capacité d’évoluer dans des domaines aussi larges que le cinéma, la création graphique ou artistique. Et alors, me direz vous, j’ai lu un nom dans le titre, je veux en savoir plus! Qui est donc ce Monsieur Reas ? Et bien encore un peu de patience, car avant de comprendre le travail de Casey Reas, il...

N_P : une présentation...

Parfois les gens autour de vous essayent de vous décrire en deux ou trois mots : j’aime retenir ces descriptions rares, mais souvent justes. Ainsi, pour certains, je suis Merveilleusement démodée et Folk mais classe. Cette dernière phrase décrit l’exigence que je mets même dans les choses simples. Les choses démodées m’ont appris à comprendre ce qui est autour de moi et la transmission des savoirs. Elles font partie des expériences esthétiques les plus intéressantes dans ma vie (ne me lancez pas sur mon herbier et mes fleurs séchées!). Je pars du principe que l’on peut toujours apprendre, qu’il y a toujours un savoir-faire inconnu dans les parages. C’est aussi pour cela que les nouvelles technologies et ce que l’on peut en faire de manière créative me passionnent. Ma bonne résolution de cette année fut d’apprendre une chose par jour. Entre autre j’ai appris à: faire mon propre vin de sorbier, savoir crocheter de la dentelle, commencer à coder avec Python ou encore me faire un avis sur les chemtrails. DIY qu’ils disent. Lorsque je feuillette les Modes & Travaux des années 50, je me dis que notre époque n’a rien inventé côté débrouille, et encore, wikiHow n’existait pas. Mes récentes aventures dans les milieux grassroot et open source m’ont appris que collaborer et partager sont définitivement les choses à faire à notre époque. Depuis un certain temps maintenant je fais des recherches sur le sud des États-Unis. Certains d’entre vous dirons : « c’est le cadet de mes soucis », mais peu importe. Un jour je ferai du Moonshine dans les Appalaches, jouerai du banjo comme dans Délivrance et aurai lu tout Faulkner. En attendant j’ai un sacré crochet du gauche, une machine à tricoter plus vieille que moi et un tas de projets pleins de...